Pour un rien, à cause d'un tout
Je n'ai pas envie de parler. Ou plutôt de moins en moins. J'ai été petit il parait. Je me souviens. De rien. Juste que je regardais, j'observais les gens, s'agiter, penser, vivre, tout simplement. "On apprend mieux en observant". Oui, je pense bien que c'est vrai. J'ai beaucoup observé. Peu parlé. Engueulé d'ailleurs. Parce que je restais là, à ne rien dire, face à ce mal, la famille, les cassures, les coupures, les déchirures en tout genre. Je me souviens. Je contractais ce qu'on appelle "les abdos" 24h/24 et ma respiration était saccadée, parfois coupée lorsqu'il criait. Pourquoi continuait-il alors que je restais là, petit, à terre, à suffoquer ? La réponse s'en ira un jour où l'autre. J'aurai tant aimé l'aimer. Je me souviens mon coeur battait "C'est que tu es vivant!" à des rythmes plus ou moins soutenus. Tout s'accélèrait. Pour un rien. A cause d'un tout. Alors l'envie de me mettre à côté. De ne plus vivre parmi la foule. Celle qui vit sans se préoccuper. Celle qui me fait mal. Et rigoler de tout. Rigoler pour des choses si simples. Etre libre, mais être seul. Libre qu'avec soi meme. Ca fait peur d'être seul. Ou pas. Ca dépend desfois. Alors j'étais petit. Minus même à un moment. Et timide. Timide, ça veut dire quoi ? "Il est timide" Ta gueule je t'ai rien demandé, puis même, qu'est ce que ça change. Ca change qu'on est différent. Classé. De côté. "C'est dans la tête", peut-être, mais je doute que ça arrive a tout le monde, comme ça, tout seul, par enchantement. Le passé façonne. Le passé forme. Ou détruit. Le passé et des tas de conneries. Observer encore. Entre quatre murs. La voir pleurer. La voir se cacher. La sentir souffrir. Oui, sentir. Ou plutôt ressentir. A force d'observer, on ressent. Un peu, puis beaucoup. Et à la longue, trop. Tout parait si évident à force. Une évidence. Elle, elle veut faire psy. Mais j'ai l'impression qu'elle ne voit que ses bouquins. Je ne dirai rien. Je me trompe surement. J'espere qu'elle réussira. Beaucoup de choses, mêmes certaines, qui sont lancées comme ça, de façon rapide et sans interet, se ressentent, très fort. Comme une onde. Qui frappe. Dans le ventre. Coupe le souffle. Bat le coeur. Eternel recommencement. Mais non maître de ses émotions. Donc prisonnier.
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