Magasin de fleurs




J'avais une tante qui avait un magasin de fleurs.
Ce magasin, il porte ton nom.
Et je pense à toi.


A part ça, de l'autre côté, on parle. On écrit. On prend des nouvelles de machin, de truc, de l'autre et de x. Des amis communs, des connaissances, et de tout ce qu'on veut. A foison. Sauf qu'au final, il n'y a personne. Regarde autour, toi aussi tu l'es, seul. Il semblait y avoir tellement de monde dans nos conversations. Mais non. Il n'y a rien ni personne. Alors "va, vis, et deviens", comme elle aurait dit.

Je pense à elle, parce qu'elle n'a rien demandé. Tout s'est arrêté pour des bêtises.


Mon papa, il est de ces gens que l'on voit dans les film ou au 13h. Il est celui qui joue le rôle de ne pas accepter les choses. De ne pas les voir. De ne pas vouloir les voir au point de ne pas les voir. Pourtant on a essayé de lui dire, regarde, on va pas bien. Mais non, il voit pas. Il n'a pas entendu nos cris. Il n'a pas vues nos larmes. Il n'a pas vu la vie qu'on menait. Je lui ai dit tout à l'heure qu'elle va pas bien. Mais non. Il a fait son sac, il s'en fout il part. Il nous a fait du mal, et nous on reste là, comme des cons, tétanisés, attendant le miracle, le changement. L'espoir, l'espoir, qui n'est jamais venu. J'y ai cru, plusieurs fois. Il n'est jamais venu.

Mon papa, il n'accepte pas ma maladie. J'ai eu beau lui expliquer dans tous les sens, il ne voit rien. Il me sort des phrases complètement à coté de la plaque, venues de nulle part. C'est tellement hors sujet, que je ne dis plus rien. Là tout de suite ça va, donc miracle, je suis guérit, c'est un miracle. Guérit d'une maladie incurable.


Aujourd'hui, je n'ai pas mangé le riz avec mes doigts.
Aujourd'hui, je ne l'ai pas vue dans la rivière.




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