Je suis un... [09/10/2010]







J'm'illusionne à coups de films dans ma tête.
Lumière 2010 pour pub sur le pavé.
Princesse décolle du quai, virée nocturne pour changer.


Thalassa racontait la Camargue sauvage.
Et je restais bouche bée devant cet homme qui soufflait sur ses canards taillés dans le bois. Profession: Tailleur de canard dans du bois. C'est un passionné. Il est de ces gens qui vous font entrer dans leur monde, et d'un coup, ces horreurs, deviennent quelque chose de magique. J'en voulais un canard à la fin. Un truc commencé, pas fini, brut de pomme, pour souffler dessus dans mes moments de folies. Et m'étonner de ne pas le voir s'envoler.

Le mec de N'oubliez pas les paroles était juste énormissime. Il est arrivé avec son tshirt rose façon keuped. Enorme.
Pour les curieux on peut voir le truc ici après 8min.

J'ai couru comme un drogué. Outre le fait que ça n'a rien à voir, j'ai envie de dire que j'ai croisé plein de gens. Puis dans la nuit, j'ai pu revenir à fond. Dans le noir on passe inaperçu, il n'y a plus le soucis de la honte, c'est pas avec leurs p'tites lumières bleues pour faire joli qu'on va y voir comme en plein jour. Alors je cours, je cours. Y'a tout qui défile. Je cours vers le futur, j'essaye d'échapper au passé, je cours. Ce soir il y avait une forte odeur de pollution. J'ai croisé comme toujours le sdf et son chien blanc, j'ai croisé comme toujours le mec avec des dread sur son vélo. En passant sous le pont je me suis dit que les lumières, toutes ces lumières, je dois avouer que c'était magique. C'est tellement beau. Pas la peine d'attendre le 8 décembre à se faire piétiner. Non, il y a déjà tout. Il faudrait que je prenne mon appareil demain si j'y vais dans la nuit encore. Je te montrerai.
Il y avait sous un des ponts à droite, un mec qui jonglait. A ses pieds, un joggeur qui s'étirait. En face, au bord de l'eau, un groupe de chinois un peu spécial. Il se faisait la bise, fumait du shit, en famille. Hmm cette bonne odeur de shit (lol). Ca me rappelle les années à la dur. Alors je cours, je cours plus vite pour m'en défaire. A peine plus loin, à droit, les freefighteur qui s'entrainent. Ils aiment se montrer eux et leurs corps qu'ils aiment parfait. Je les regarde toujours en passant. En face, au bord de l'eau, les péniches remplies de club du 3ème age qui mangent dans des espaces où on les mets pour manger. On voit parfois l'intérieur des cabines quand ils laissent leurs rideaux ouverts et qu'ils oublient d'éteindre la lumière. Evidemment, je regarde. On sait jamais, qu'il y ait comme hier 2 soutiens gorge et une culotte bien exposées devant le carreau. Mais il n'y avait rien ce soir. On continue on passe un autre pont, là où squattent souvent des mecs bizarres en groupes ou non. Puis on attaque les plages, la piscine, les led bleues qui défilent au sol. Plus loin, les grandes marches sur la droite, avec toujours plein de monde. Tout de suite à droite les mecs qui cherchent la merde, ensuite des groupes de deux qui regardent les scintillement des lumières sur l'eau, puis les skateurs. Un autre pont. Bien éclairé encore. Puis à nouveau le prolongement des marches, plus bon enfant. Mais les marches, les gens, je regarde jamais. Je regarde que ceux qui marchent. Ou les poissons au bord lorsqu'il fait jour. Ensuite au bord de l'eau, c'est le début des péniches qui font bar; Y'a plein de monde faut s'éloigner. Encore après, des ponts. Une plages, de l'autre coté des jeux pour enfants. Puis un regard à gauche et c'est une fille qui chante et me regarde. J'essaye de lire dans ses yeux mais je comprends pas tout. Comment peut-on chanter ainsi et paraitre aussi normale. Liberté ou folie. Plus loin les péniches habitées, et le labrador et sa petite niche en bois. Puis c'est un peu moins joli jusqu'au parc. Je fais demi tour. 6km. J'enlève mon écouteur droit, et je passe à coté de la chanteuse. Elle chante toujours. C'est en anglais. J'aurai bien aimé lui demander je ne sais quoi. Ecouter un mot, pour avoir la réponse. Tant pis. Puis je repasse devant tout ce qui a déjà été fait. Les lumières de la ville sont toujours aussi belles. Dans l'autre sens, c'est encore différent. Me sentant invincible, j'ai accéléré pour me mettre à fond. Vitesse de croisière jusqu'à la voiture. Puis je me suis assis pour tenter des étirements. Une dame et deux petits chiens. Les femmes de la trentaine ont quelque chose de différent. Un regard qui déborde d'épanouissement. Alors je rentre et je bouffe de la "pâte à tartiner aux noisettes". Parce qu'il y a des choses que je ne comprend pas. Je ne comprends pas les autres. Et je ne me comprends pas moi même. Alors je cours.


Aujourd'hui je n'ai pas arrêté mon médoc en vue d'avoir un bébé dans 6 mois.
Aujourd'hui je ne me suis pas arrêté devant la fille qui chante pour lui parler.




Et c'est ainsi qu'un 9 octobre 2010, le prix nobel de la paix est en prison.


 


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