Empire state of mind




 

Wall Street. Bourse de New York.

J'imagine que tu as raison.
Pour vivre heureux, essayer tout du moins, il ne faut pas se préoccuper des autres.
Les laisser couler et s'en foutre, c'est difficile.
Il y a trop de misères partout, trop de mensonges, trop de cachés.
Trop de maux, ou futilités.
Il y a l'argent.
Du métal et du papier.

Nés formatés.

Le travail est long ensuite pour se retrouver.
Tout le monde se ment, tout le monde s'exécute, bien gentiment.
En rangs serrés. Mais rare sont ceux qui se tiennent encore la main.
Les lignes sont jaunes, les vies en construction, les projets déjà tracés.

Je suis plutôt du matin, mais je ne comprends pas qu'il faille mettre le réveil et se torturer chaque jour.
Je comprends pas non plus pourquoi on a pas le droit de prendre plus de 3 semaines de congés consécutives.
J'aimerai partir un mois ou deux. Loin, et sans rien.
Revenir, et reprendre sagement mon poste.
Faire ce boulot qui n'a pas le moindre sens, et continuer de rêver. Derrière ma fenêtre.
Quand on voyage, on rencontre des gens extraordinaires.
On croit qu'ils font parti du décor.
Pourtant, le lendemain, ils seront encore là.
Avec les pieds sur terre, avec leurs croyances, leurs couleurs et leurs âmes.

Et dans leurs quartiers d'affaires, là haut, ils continuent de faire la gueule.


Parfois j'ai envie d'avoir plein d'argent, d'être bien habillé, de faire la gueule.
Pour me payer de belles vacances, une belle voiture, une piscine plus grande que celle du voisin.
Envie de nager dans les eaux troubles de la société.
Travailler. Réussir. "Gagner", à leur façon.

D'autres fois, j'ai envie de tout lâcher.
Sortir du courant, me mettre sur le bas côté. Enlever mes vêtements et tout ce qui me salit.
Partir, loin, sans rien. Sentir mon corps.
Parcourir le monde, sa diversité, et sa beauté.. tant qu'il en reste.


On suffoque tous tellement ici.
On se créativise derrière nos écrans.
On écoute les musiques qui bougent pour se motiver, s'illusionner.
On écoute les musiques tristes pour se faire mal, se sentir vivant.
On écoute les belles musiques pour rêver.
Puis on passe à autre chose.

Tout est calculé. Tout est pré-formaté.
On se croit libre quand on décide d'aller se promener, de boire un verre, ou je ne sais quoi.
Mais tant qu'il y aura l'argent
Tant qu'il y aura l'heure
Tant que le réveil sonne lundi à 7h..
Nous ne serons que des pions parmi les pions sur leur grand échiquier.

 


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