Un soir la bas, il commence à faire nuit. On croise le guitariste qui siffle. Wouaao. Pourquoi wouaao ? Je ne sais pas. C'est indescriptible. Je ne sais pas si c'est de la pitié ou autre chose. En fait, je le plains. Il est tout seul, terriblement seul. Il va ou a cette heure ? Il rentre chez lui ? il a mangé ? Il a un endroit où dormir ? Il a des amis ? De la famille ? Je ne crois pas. Il joue de la guitare, toute la journée, tout le temps, tout le temps. Il fait ce mouvement de la tête, tout le temps. Il gagne 3 sous dans sa pochette de guitare noire qu'il dispose en plein milieu du passage. On l'entend par-dessus toute la ville. Il ne fait qu'un avec la ville. Tout le monde le connaît, c'est obligé. Mais combien d'amis ? Toute la journée, tout le temps, sans arrêt, tout le temps, il joue. Il a le visage tout rouge, brulé un peu par le soleil. Mais mine de rien ce mec il doit avoir pleins de choses a raconter. Un univers a lui, une façon de voir les choses différemment de la mienne. Puis il voit du monde, tout le temps. Il doit s'en passer tous les jours. Une engueulade, un chien méchant, un bébé qui pleure, un couple d'amoureux, des français, des finlandais, des espagnols et j'en passe. Demain il pleuvra, y sera-t-il ?
Plus loin, on s'assoie sur un banc. Il fait nuit. Les lumières de la baie se reflètent sur l'eau. Je prends une photo, ça ne donne rien. Un groupe de canards genre « cols verts » font plein de bruit. D'un seul coup tous s'envolent, vont dans la mer, font quelques brasses avant de revenir. Puis ils repartent. Quelques minutes plus tard, un canard, seul, revient. Il est seul, il appel ses amis mais personne ne vient. Il fait de moins en moins de bruit. Marche de plus en plus lentement, désespérément. La il me fait vraiment beaucoup de peine. Il regarde a droite, a gauche, personne. A mon avis il a voulu faire le mariol, aller jusqu'à la bouée, et maintenant il se retrouve comme un con. Un bon quart d'heure passe, il lève son cou tant qu'il peu, et scrute la mer au loin, et miracle ! il en retrouve un. Sans perdre une seconde il s'élance, fait son atterrissage à la ski nautique et se retrouve vers son collègue. Puis ils partent ensemble, en discutant.
Ouf. C'est bon, on peu s'en aller.
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