June








Ce n'est pas que je ne veux pas de cette fille magnifique.
D'ailleurs, il y en a plus que ce que je pensais. Il y en a tout le temps.
C'est juste que je veux celle qui est faite pour moi, je ne veux pas des autres.
Ou alors juste pour une séance SM. Ou un truc étrange du genre.
Marion est un fantasme. Pas une réalité. Pas le mienne en tout cas.
Sa vie est uniquement basée sur la prise de.. plaisir.
J'ai toujours été admiratif.
Elle, elle trouve ça normal.
Surement parce que ça l'est.

J'ai revu la fille qui court souvent, hier soir.
Je lui ai clairement fait comprendre je ne sais quoi, sans rien lui dire.
J'espère la revoir. Et lui parler.
Je vais m'entrainer pour un jour courir avec elle, dans le même sens.
Qu'on arrête une bonne fois pour toutes de se croiser.
Je crois que je serai jamais à son niveau.
J'ai beaucoup réfléchit depuis, et je n'arrive pas à savoir si elle court pour se maintenir en forme pour un sport qu'elle pratique à haut niveau, ou si elle court aussi vite qu'elle a mal. Je crois qu'elle me ressemble par certains côtés.
Elle court toujours toute seule.
Je l'ai vue courir des vendredis soirs, des samedi matin, des dimanches matins. Toujours seule.
Ca signifie que cette pratique lui prend beaucoup de son temps. Qu'il est ses week end. Et qu'elle est seule pendant ce temps.
Puis elle ne m'a jamais regardée jusqu'à hier. Elle regarde personne. Je pense qu'elle a peur et qu'elle a mal.
Il va falloir que je m'entraine. Mais ça prend du temps de courir et de se médicamenter en même temps.

Peut-être que si je ne fais rien, c'est parce que je connais personne et puis c'est tout.
Après tout, les rares choses que j'ai faites, c'est moi qui les ai organisées, planifiées, etc.
Ou alors je ne fais que ce que j'ai envie. Ou les deux.

Tu voiiiiiiiiiis commeeeeeeeent
A l'in te rieur de moi je me sennnnnnnns.
Je réfléchissais le long du Rhône sous la pluie, et j'en suis arrivé à la conclusion suivante:
J'ai beau essayé de mettre des mots parfois sur ce que je ressens, jamais, jamais quelqu'un d'autre que moi ne pourra voir ce qu'il se passe à l'intérieur. J'imagine que c'est pareil pour tout le monde. C'est dommage, je trouve.


Le concert de Muse était une merveille.
80 000 personnes toute là pour la même chose.
Une ambiance énormissime, avec plein de gens sympas.
Je ne me suis pas reconnu parce que je ne me connais pas. J'ai lancé la Ola avec le mec d'à côté, j'ai chanté, j'ai sauté. Laule.
Il faut dire que Muse commence sérieusement à couler dans mes veines à force.
J'avais dit qu'après ce concert j'arrêterai. Résultat, j'écoute encore plus. Plus que trop.
Quoi que j'ai écouté Indochine en courant.
Je me suis demandé après, si les gens normaux, qui vivent des choses chaque week end, repartaient avec autant de souvenirs.

Je me suis assis au bord de l'eau. Là où l'on se noie si l'on regarde trop devant soi.
Puis il a plu.

C'est dommage que l'amour existe. Sinon je ne serais pas si différent que ça. J'en sais rien.
Peut-être que je n'en veux pas.
Mais que seul le regard des autres me dérange.
Je ne sais pas.
Pourtant, parfois.

J'ai regardé Le grand bleu cet après-midi, pour me reposer.
Un film qui commence mal et qui fini mal, c'est assez étrange.
Moi j'aime pas les fins tristes. Je me rappelais plus de la dernière minute.
Sinon je n'aurai pas regardé. La vie est assez compliquée et difficile comme ça.

Le travail, le monospace pourri, le chien qui aboie, et toutes ces merdes me filent la gerbe.
Ce sont des vies que je ne comprends pas. Cela m'échappe complètement.
J'habite une résidence. On fait tous les mêmes choses au même moment.
C'en est désespérant. On se croirait dans un lotissement à l'américaine.
Tout est propre, tout est carré pané.

Au boulot, un resto tous les vendredis midis.
Dans mon bâtiment, déménagements, emménagements, tous les samedis.
Au parc, photos de mariage, sourire à vomir, tulipes et rosiers.

Heureusement que je ne suis pas libre, sinon je serai parti depuis longtemps.
Vous croyez peut être que j'ai hâte d'être fin septembre, les vacances derrières, les affaires de stress et de sale, le gris pour décore, la pluie en accompagnement. Voir "la rentrée" au journal télévisé, Pernault qui sourit sujet "fournitures scolaires". Me lever quand il fait nuit et aller travailler. A 16h45 voir le soleil se coucher derrière la vitre. Avoir la lumière artificielle dans le bureau et les écouter tous, brasser du vent, continuellement. J'en veux pas de tout ça. C'est une vie de con. Et c'est tellement flagrant, que c'est d'autant plus inquiétant. Je me demande pourquoi on continue comme ça. Pourquoi ils ne font rien. Ils aiment patauger dans leur vie de merde pour une raison qui m'est inconnue.
Je veux pas finir comme mon collègue de bureau. Ce vieux con.
Je veux pas finir comme mon voisin du 2ème, avec ses deux filles. Le week end, il sort son vélo. Il le nettoie, toute la journée. Je ne l'ai jamais vu dessus. Bref,ça encore.. Son garage est trop bien rangé. Il n'a que ça à faire de le ranger. Il est comme sa coupe de cheveux de toute façon. Rien qui dépasse. Et ses lunettes, trop droites. Et son sourire, trop vide.

Dites moi que je rêve, que vous êtes tous des acteurs. Un genre de Truman show. Ce n'est pas possible autrement.
Tout me parait tellement faux. Tellement inimaginable.
Des couches de peinture, pour cacher la misère.

Des couches de sourires, pour cacher les vérités.

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